Au CCAN – 69 rue de Mon-Désert :
- Mercredi 9 mai à 19h30 : Réunion du collectif
- Jeudi 10 mai à 19h30 : Projection-débat « Tomboy »
- Vendredi 18 mai, de 18h à 22h : Espace de convivialité réservé à toutes les femmes
Au CCAN – 69 rue de Mon-Désert :
Parce que la journée internationale des travailleurs, c’est aussi celle des travailleuses, qui connaissent des situations spécifiques en raison de leur genre.
Parce que l’égalité existe en « droit » mais pas dans les faits : sexisme, lesbophobie, homophobie et transphobie sont toujours largement présents dans le monde du travail.
Parce que nous voulons rendre visible et lutter contre ces discriminations. En effet, celles-ci ne sont pas une somme de faits isolés mais les diverses manifestations de la domination masculine.
Le collectif Debout !, Lesbiennées, et Osez le féminisme ! 54 se mobilisent à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Deux actions sont prévues :
En France, 75 000 femmes sont violées par an. Une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint. Nombre d’entre elles sont harcelées sexuellement, insultées, frappées. Ces violences ont lieu chaque jour. Les violences faites aux femmes ne sont pas une succession de faits divers, mais un vrai phénomène de société. Elles s’exercent sur les femmes parce qu’elles sont des femmes, révélant ainsi des rapports encore profondément inégalitaires entre femmes et hommes.
C’est pour interpeller sur cette situation que les associations féministes Debout !, Lesbiennées, et Osez le féminisme ! 54 organisent une flashmob à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.
La flashmob d’interpellation sur les violences faites aux femmes aura lieu le
Jeudi 8 mars 2012
18 heures
Place Maginot à Nancy
Contacts presse :
- Collectif Debout ! contact[at]collectif-debout.org
- Lesbiennées contact-lbn[at]association-lesbiennees.org
- Osez le féminisme ! 54 osezlefeminisme54[at]gmail.com
Communiqué de presse – Nancy, le 7 mars 2012
Féminisme
Place des femmes
Liberté sexuelle
Lesbianisme
Révolution
International
Voici un communiqué de l’association LesBienNées sur la conférence au forum IRTS de Nancy du 21/11/2011 :
Daniel Welzer-Lang à Nancy
Ou comment transformer ce 25 novembre 2011
en plaidoyer contre les violences faites aux hommes
Nous revenons ici sur l’exposé du sociologue ci-dessus nommé, invité lundi 21 novembre 2011 au forum de l’IRTS de Lorraine à Nancy. Dans le cadre de la prévention des violences faites aux femmes, les étudiantEs promisEs à des carrières dans le domaine social, étaient conviéEs à réfléchir à l’intervention sociale auprès des hommes.
Nous l’avons écouté, effaréEs, s’évertuer à clamer que les hommes violents sont avant tout des victimes, perdus sans leurs privilèges de dominants, des hommes ordinaires que le système et certaines femmes malmènent.
En résumé, pour prévenir les violences faites aux femmes, l’intervention sociale auprès des hommes revient à les déculpabiliser et à les déresponsabiliser. Cherchez l’erreur.
Afin d’apporter une contradiction à son discours orienté pour le moins, il nous a été impossible de l’interroger sereinement le jour de la conférence, tant il est vrai que le niveau de maîtrise de soi exigé était élevé.
Alors, reprenons les quelques arguments entendus ce 21 novembre dans l’enceinte d’un établissement de formation, il faut le souligner.
Du maternage des hommes…
Il a dès le début de son exposé situé son intervention d’homme éclairé grâce à des femmes, qui plus est, des féministes. « Tous les hommes n’ont pas eu cette chance ». Quelle galanterie ! Nous le rejoignons dans l’hommage à toutes les femmes qui œuvrent pour faire des hommes, des êtres civilisés.
CEPENDANT, dans un souci d’honnêteté intellectuelle, DWL aurait dû rappeler que les hommes étant des individuEs comme les autres, sont aussi capables de s’interroger par eux-mêmes, sans attendre de leurs mères, sœurs, tantes, cousines, copines, maîtresses, concubines, médecins, juges, avocates, institutrices, qu’elles le fassent pour eux.
Nous accusons DWL de minimiser la responsabilité individuelle des agresseurs.
De la victimisation des hommes…
Dans les représentations sur les violences sexistes que DWL appelle à déconstruire, il évoque les hommes victimes de l’autre sexe, violences chiffrées entre 5 et 15%.
Le fait que ces victimes soient minoritaires ne doit pas les exclure des dispositifs d’aide, de soutien et d’accompagnement des victimes, cela va de soi.
CEPENDANT, en tant qu’ « expert », DWL aurait dû compléter la statistique par une analyse, une explication de chiffres, ce qu’il n’a pas fait. Par son silence, il invisibilise une pratique différenciée de la violence ; différenciée par la socialisation et non par des qualités intrinsèques. Ainsi, les femmes utilisent la violence en grande partie comme moyen de défense et non comme moyen de pression et de domination, à l’inverse des hommes. D’après l’OND (observatoire national de la délinquance), dans les trois quarts des cas de meurtre du conjoint, ces hommes battaient leur compagne.
Les violences faites aux hommes par des femmes existent, minoritairement : par contre, elles ne constituent pas, pour la plupart, les manifestations d’un même phénomène.
Nous accusons DWL d’opposer les victimes entre elles.
De l’errance des hommes…
Ce monsieur hiérarchise les violences en opposant des actes graves aux « simples violences verbales » et psychologiques.
CEPENDANT, en tant que « spécialiste », DWL aurait dû rappeler que les violences verbales et d’ordre psychologique TUENT. Les injures et le mépris répétés, la dévalorisation encore et toujours, jusqu’à épuisement ultime mènent à la mort.
Nous accusons DWL de minimiser certaines violences faites aux femmes.
Du suicide des hommes…
Une preuve du mal-être des hommes : leur suicide. Nous n’allons pas épiloguer, lisez cet article du site Sisyphe là.
Le taux de suicide chez les hommes est supérieur à celui chez les femmes. Certes. C’est un problème de santé publique. Bien sûr. Et le double drame pour ces hommes réside dans l’inscription de ce phénomène dans une organisation sociale patriarcale construite par les hommes pour les hommes. En effet.
Mais qu’apporte cet élément dans la prévention des violences faites aux femmes ?
Nous accusons DWL d’opposer les souffrances des unEs aux autres.
Des réponses à adapter aux hommes violents
DWL critique les comparutions immédiates et les lieux de privation de liberté, un système répressif selon lui inapproprié à certains hommes violents. Pourquoi réserver ce constat pour les seuls hommes violents ? Pourquoi ne pas englober toutEs individuEs transgressant la loi, toutEs victimes de cette même organisation sociale patriarcale ?
Quant à l’offre de service du système carcéral, nous invitons DWL à en débattre dans les espaces et lieux dédiés à cet effet.
Nous accusons DWL de remettre en cause les dispositifs de protection et le droit à réparation des femmes violentées.
Un dernier exemple de la dangerosité des propos de cet individu : oser revendiquer que « le sperme c’est bon… » dans une intervention en vue de prévenir les violences faites aux femmes, alors que le viol impose à 75000 femmes par an un contact forcé au sperme, c’est juste pervers.
Alertée sur le parcours ambivalent du personnage, l’association Lesbiennées a interpellé le forum de l’IRTS la veille et demandé l’annulation de la conférence. Il nous a été renvoyé leur intérêt à étudier la masculinité. Le nôtre est de relayer les souffrances de milliers de femmes, victimes d’hommes violents dans toutes les sphères de la vie sociale. Et la parole de ces femmes, si difficile à faire entendre aujourd’hui encore, a été bafouée de nouveau ce soir au forum IRTS de Nancy. C’est juste intolérable.
L’association Lesbiennées
Nancy, le 30 novembre 2011
A lire :
Daniel Welzer-Lang, faux ami du féminisme : http://lgbti.un-e.org/spip.
Attention danger masculinisme : http://rebellyon.info/
Le suicide des hommes, une problématique qui ne date pas du 21e siècle : http://sisyphe.org/
Parler de « jouets sexistes » est un raccourci destiné à la prise de conscience de l’usage sexiste des jouets. En effet, il suffit d’ouvrir un catalogue de jouets ou d’entrer dans un magasin de jouets pour constater que ceux-ci sont triés entre « jouets filles » et « jouets garçons ». Ce type de « tri » a pour conséquence directe de participer à l’imposition de rôles genrés aux enfants.
Pour être clair, lorsqu’un adulte souhaite acheter un jouet pour un enfant, il sera automatiquement guidé selon le sexe de l’enfant, comme si cela pouvait être une donnée pertinente pour le choix d’un jouet. Ainsi, on proposera des meccanos, playmobils, grues et autres pistolets – dans une ambiance bleue – aux garçons, et des barbies, poupons, aspirateurs et autres dînettes – dans une ambiance rose – aux filles. Les jouets sont donc utilisés comme des outils participant à l’éducation sexiste des enfants :
Les producteurs et distributeurs de jouets produisent et distribuent des jouets selon leur cible : fille versus garçon. Multiplier les cibles et distinguer ce qui va à l’une et pas à l’autre permet de multiplier les marchandises à vendre (les jouets roses que pour les filles et les jouets bleus que pour les garçons), et les profits à se faire au mépris de l’égalité.
Bien sûr, vous pouvez acheter un jouet issu du « rayon garçon » à une fille et un jouet issu du « rayon fille » à un garçon. Mais, franchement, le faites-vous ? N’avez-vous pas chez vous un enfant qui regarde la télévision, un enfant qui va à l’école ? N’a-t-il pas vu des publicités lui expliquant que si elle-il est une fille-un garçon, il-elle doit acheter tel jouet ? N’a-t-il pas entendu à l’école ses copines-copains dire qu’elles-ils ont tel ou tel jouet ?
Oui, votre enfant vit dans une société sexiste, mais est-ce une raison pour continuer à lui imposer un rôle dans la société selon son sexe biologique ? Pourquoi les filles n’ont pas de meccano et les garçons pas de poupée ? Pourquoi les filles n’osent rêver de devenir informaticiennes et les garçons de devenir nounous ?
Est-ce que l’on veut un monde égalitaire ou bien un monde où les femmes sont faites pour plaire aux hommes, faire la vaisselle, la cuisine et le ménage ? Quel monde est décrit dans les catalogues et rayons de jouets ?
Dans un monde égalitaire, les hommes et les femmes s’occupent des enfants. Mais pourquoi seules les petites filles ont le droit de jouer à la poupée ?!?
Cessons d’imposer à nos enfants un formatage selon leur sexe ! Offrons leur la possibilité de vivre en dehors des rôles genrés véhiculés et contraints par notre société !
Les jouets dit « sexistes » sont un des moyens pour notre société de renforcer les stéréotypes de genre et de les imposer aux enfants. Ils prennent place au sein d’un système sexiste et patriarcal.
Pour aller plus loin, nous vous conseillons de voir notre autre article sur le sujet : Pour des jouets non sexistes (avec un reportage radio très instructif à écouter)
Les filles aussi peuvent être super-héros, boxeuses, astronautes.
Les garçons aussi peuvent être princesses, danseurs, fleuristes.
Pour participer à notre campagne (tracts et autocollants), contactez-nous : contact @ collectif-debout . org
À télécharger :
La Cimade lance une campagne pour agir contre la double violence dont sont victime les femmes étrangères : violence sexiste ou familiale + violence institutionnelle lorsqu’elles tentent d’en sortir.
Explication très claire en vidéo :
Retrouvez la campagne sur le site de la Cimade : http://femmes.lacimade.org/?utm_campaign=femmes-noel-2011
Il existe un remède très simple au diktat « le masculin l’emporte sur le féminin », c’est la règle de proximité. Cette règle était appliquée auparavant, il ne tient qu’à nous de revenir à l’égalité des genres dans les accords : Pour que les hommes et les femmes soient belles, et pour que les femmes et les hommes soient beaux !
Signez la pétition et n’attendez pas l’Académie Française pour révolutionner la grammaire : http://www.petitions24.net/regleproximite
(Ceci est la version longue d’un article paru dans le journal Résister #6)

LA POLÉMIQUE
Lors de la dernière rentrée scolaire, une polémique a éclaté au sujet de certains manuels scolaires de 1ère Littéraire et de 1ère Économique et Sociale, tout d’abord à l’initiative d’associations catholiques, puis reprise par certains députés UMP. Il est reproché à ces manuels d’introduire la « théorie du genre » dans le chapitre 3, intitulé « Corps humain et santé ». Le bulletin officiel du 30/09/2010 donne des explications quant à ce que les élèves doivent acquérir comme connaissances : la section « Devenir homme ou femme » invite les professeurs à saisir « l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée ». C’est à partir de ces indications que les éditeurs de manuels Hachette, Hatier et Bordas ont rédigé leurs chapitres.
Pour comprendre ce qui dérange dans ces manuels, il faut regarder de plus près leur contenu.
CACHEZ CETTE SCIENCE QUE JE NE SAURAIS VOIR
Afin de bien comprendre ce qui gêne les associations catholiques et les députés, il faut également comprendre ce que recouvrent les études sur le genre et ce que l’on appelle « genre ». Le « genre » c’est ce que l’on pourrait appeler le « sexe social », c’est-à-dire le fait de se sentir « femme » ou « homme », contrairement au « sexe biologique » qui, lui, nous définit en tant que « mâle » ou « femelle ». Les études sur le genre sont un champ de recherche qui regroupe un très grand nombre de disciplines, dont l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, l’économie et bien d’autres, et qui se questionne entre autres sur les rapports entre genre et sexe biologique — influence de l’un sur l’autre — et sur les rapports sociaux sexués, c’est-à-dire régis par cette notion de « genre » — différence de comportement des individus selon le sexe de leur interlocuteur, par exemple.
Contrairement à ce que peuvent dire certains députés, les études sur le genre ne définissent pas les hommes ou les femmes en tant que « pratiquants de certaines formes de sexualité ». Les études sur le genre proposent de se questionner sur le rapport « sexe social » / « sexe biologique ». À travers cette réflexion intervient la question de l’orientation sexuelle mais celle-ci est traitée en lien et avec le « genre » et avec le « sexe biologique ».
Ce qui fait peur ici, c’est probablement la remise en cause de nos préjugés qu’invitent à faire les études sur le genre. En effet, penser l’identité sexuelle comme sociale, comme étant construite par la société et non en lien direct avec l’identité biologique implique une remise en cause importante des normes. Ce qui est généralement caractérisé comme féminin ou masculin pourrait ne pas être issu de la biologie mais d’une construction sociale par exemple.
Ce qui peut faire peur aussi, c’est de montrer que l’identité sexuelle est sociale, qu’elle n’est pas biologique et que donc que chaque personne a le droit de choisir son orientation sexuelle.
CE QUI NOUS POSE PROBLÈME
Cette polémique reflète plusieurs problèmes et soulève plusieurs questions.
Quand on sait que la stigmatisation dévalorisante de l’homosexualité tue les jeunes (le taux de suicide chez les jeunes homosexuels est treize fois plus important que chez les hétérosexuels) et que c’est par l’éducation que l’on peut combattre l’homophobie, il est grand temps de préférer une démarche éducative, scientifique et raisonnée à un combat religieux moraliste d’arrière-garde.
QUAND LA SCIENCE REJOINT LE FÉMINISME
Le seul intérêt de cet acharnement à imposer des différences sociales entre les sexes est de présenter comme naturelle une division hiérarchique inégalitaire imposée. Alors qu’effectivement la science rejoint ici le féminisme : l’une démontre que la nature ne fait pas le destin des êtres humains, l’autre qu’il faut se battre pour établir l’égalité entre eux.
Tout cela montre qu’aujourd’hui le combat n’est pas fini et que le féminisme est encore et toujours d’actualité. Il faut se battre pour l’égalité femmes-hommes, il faut se faire entendre contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et n’avoir pas peur de le dire : de la même manière qu’on devient femme, on devient homme, et cela n’est pas inné, c’est un acquis du social qui entraîne des préjugés et des discriminations au quotidien.
Luttons pour l’égalité !
Pour aller plus loin :
Les documents cités :
Autre document :
Le collectif Debout ! – collectif féministe, nancéien et mixte
www.collectif-debout.org
contact @ collectif-debout.org
Réunions le 2ème mercredi de chaque mois, de 19h30 à 22h, au Comoglio’resto, 3 rue de l’île de Corse à Nancy, dans la salle de réunion.
(Article publié dans le journal Résister #6)

Soudain, il y a quelques mois, les associations d’aide aux femmes ayant subi un (ou des) viols ont été submergées d’appels. Soudain, ces femmes qui taisaient ce qu’elles ont vécu sont sorties du silence pour solliciter une aide, une réparation et parler de ce qu’elles vivent. Mais que s’est-il passé pour en arriver là ?
Une femme de ménage guinéenne, vivant aux États-Unis, a porté plainte pour agression sexuelle contre un homme important. Peut-être ignorait-elle la position de pouvoir politique de cet homme, elle dénonçait une prise de pouvoir sexuel obtenue par la violence. Plus tard, une autre parlera du même crime, par le même homme, en France cette fois.
Après un constat médical des marques de violence et de la véracité d’une relation sexuelle, une enquête est entamée pour évaluer la moralité de cette femme. Puis l’état de New York rejette la plainte au civil car la moralité de cette femme ne la rend pas « crédible » et le jury risquerait de ne pas la croire, et cet homme est accueilli en héros dans son pays, comme s’il avait été blanchi. Mais alors, qui a été salie ? Est-ce que cela signifie qu’une femme qui a menti un jour peut être violée toujours ?
Les médias se délectent de cet évènement au cœur de l’actualité, hommes et femmes politiques minimisent le crime de viol, assurent qu’un homme dans sa position ne pourrait abuser d’une femme de basse position. A-t-on jamais tant entendu clamer la présomption d’innocence ? Alors même que dans de très nombreux cas, la victime de viol ne bénéficie même pas de la « présomption de crédibilité » ! Et où était cette présomption d’innocence quand Julien Coupat, de Tarnac, a été enfermé plus de 6 mois dans une prison sans aucune preuve ?…
Le viol est-il un crime ? Et bien depuis très peu de temps en France. Ce n’est qu’en 1980 que la loi condamne le viol : le « devoir conjugal » n’a été aboli qu’en 1990 , et ceci grâce à l’action des féministes, aujourd’hui souvent décrites comme « ringardes ». Et dans le monde ? Seuls 16 pays ont des lois faisant spécifiquement référence aux agressions sexuelles. Mais même avec une législation adéquate, aucun pays n’applique la loi en totalité [1]. En moyenne dans le monde, près d’une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de son existence. Et avant ? Avant c’était un fait social tu. Tu car la personne violée portait la honte et était réduite au silence ; est-ce que cela a changé en 21 ans ? Aujourd’hui les violeurs reconnus sont présentés comme des psychopathes. On continue d’ignorer que le viol est un phénomène de société considérable, et que la plupart des viols sont commis par une personne connue de la victime [2], dans le cadre familial ou amoureux notamment, et que 49 % des viols sont commis sans aucune violence physique. Les violeurs condamnés représentent 2 % des auteurs de viols. Pour environ 200 viols par jour en France, 4 violeurs sont reconnus comme violeurs et condamnés par la justice.
Pourquoi ? Premièrement parce que les victimes gardent le silence la plupart du temps, car redoutant les conséquences dans cette société patriarcale imprévisible, et ne porteront jamais plainte, la prescription de 10 ans aidant [3]. Deuxièmement car – quand elle s’y intéresse – la justice tranche rarement sur ce qui se passe en privé et dont la véracité repose sur deux versions contradictoires. Cela a pour conséquence d’inciter les victimes à ne pas se lancer dans une procédure juridique et voir la « justice » abandonner les poursuites en relaxant les responsables sans les inquiéter – même lorsqu’il y a aveux ! – et laisser les victimes vivre dans la peur et la détresse. Alors, 98 % de coupables de « s’être fait violer » ?
Croit-on vraiment que l’on vit dans un monde où traiter des êtres humains comme des objets sexuels est condamné par la société ? Où l’on respecte une femme autant qu’un homme ? Pourquoi apprend-on aux filles et aux femmes à ne pas « se faire violer » ? Pourquoi n’apprend-on pas aux hommes à ne pas violer ? 96 % des auteurs de viol sont de sexe masculin et 91 % des victimes sont de sexe féminin [4]. Quand une femme dit « non » : ça veut dire « non ». Le viol a cette particularité d’être un crime dont la victime se sent coupable et le violeur innocent.
Savez-vous que l’on connaît très bien le fonctionnement biologique du plaisir masculin mais qu’on étudie peu le plaisir féminin ? (Par contre on connait bien la biologie de la reproduction.) Le plaisir de la femme, s’il n’est pas reconnu à sa juste dimension, n’est pas secondaire… On dit d’un homme qu’il est séducteur, on dit d’une femme que c’est une salope voire une pute…
Les victimes ordinaires seront-elles gardées dans le silence des rouages d’une société qui n’est jamais sortie de ses relents de machisme, où la discrimination sexiste dont les femmes font l’objet font naître les violences et leur si faible contestation ? Après tout, « il n’y a pas mort d’homme » [5].
Le déroulement de cet évènement extraordinaire et sur-médiatisé, c’est le déroulement ordinaire et silencieux du parcours de celles qui dénoncent le viol qu’elles ont subi : « C’est un homme bon, il n’a pas pu faire ça » ,« elle invente » , « elle était consentante » , autrement dit « on ne veut pas voir, qu’elle se taise »… Sauf que maintenant elles ont osé parler.
Céder n’est pas consentir, le viol est un crime contre l’humanité et un crime contre les femmes. Des camarades de la Marche Mondiale des Femmes étaient là pour le faire savoir, dimanche 11 septembre, place des Vosges à Paris, sous les fenêtres de cet homme, notoirement incriminé à diverses reprises pour sa violence à l’égard des femmes, et de sa femme fidèle à ses côtés. Le weekend suivant, c’était à l’appel de Tristane Badon , victime elle aussi d’un machiste plus conquérant que jamais, que les femmes se mobilisaient. Des cris pour porter la parole des femmes qui en ont marre que le viol ordinaire soit minimisé. Des cris pour qu’on cesse de passer sous silence l’énorme poids social de ces viols. Des cris féministes qui raisonneront tant que l’injustice gouvernera par la peur et la violence, parce que l’avis des uns vaut plus que la vie des autres.
[1][UNIFEM, Nations unies, 2003]
[2][74 % selon les statistiques de la permanence téléphonique nationale Viols Femmes Informations]
[3][seul 1 viol sur 11 fait l'objet d'une plainte (ENVEFF)]
[4][statistiques concordantes du ministère de la Justice et du CFCV, Collectif Féministe Contre le Viol]
[5][Jack Lang, 16 mai 2011]
Le collectif Debout ! – collectif féministe, nancéien et mixte
www.collectif-debout.org
contact @ collectif-debout.org
Réunions le 2ème mercredi de chaque mois, de 19h30 à 22h, au Comoglio’resto, 3 rue de l’île de Corse à Nancy, dans la salle de réunion.
Pour aller plus loin :
* Collectif féministe contre le viol – www.cfcv.asso.fr – 0 800 05 95 95
* Brochure « En finir avec les violences machistes » – www.culina.herbesfolles.org rubrique « Brochures » – Distribution de versions papier dans les infokiosques de CULINA
* Marche Mondiale des Femmes – www.mmf-france.fr
